En France, nous avons la Gay Pride. En Indonésie, ils ont le festival de cinéma Q!. Dans le plus grand pays musulman du monde, ce dernier est cependant beaucoup moins exposé.
Petit à petit, le festival du cinéma homosexuel Q! s’installe en Indonésie. Le but de cet événement est avant tout de vaincre les tabous, sans virulence ni propagande. Et ça fonctionne. Il faut dire que même si le pays est à 80% de confession musulmane, il reste très tolérant.
Cela va faire neuf ans que le festival se déroule sans problème, à Jakarta. Cette année, les organisateurs espèrent un nombre de fréquentation plus élevé que d’ordinaire, 15 000 visiteurs. Pendant ce festival, environ 120 œuvres seront exposées : film, exposition, et même des débats. Le tout est entièrement gratuit.
Pourtant, les organisateurs de Q! avouent ne pas promouvoir cet événement dans la presse. Trop conservatrice. Ils ne veulent pas non plus attirer l’attention des mouvements islamistes. Alors ils fonctionnent principalement avec le bouche à oreille. Même si l’homosexualité est autorisée dans l’archipel, les gays, lesbiennes, bisexuels et transgenres (les GLBT) n’osent pas encore revendiquer ouvertement leur identité sexuelle. Ce festival est donc un moyen pour eux de s’exprimer.
Quelques mouvements traditionnels islamistes dénoncent ce manquement aux valeurs musulmanes. Certaines n’hésitent pas à saboter des conférences de transgenres. Sur l’île de Sumatra, l’autorité local a été jusqu’à punir l’homosexualité d’une centaine de coups de bâtons. Heureusement, le gouvernement indonésien a refusé d’approuver cette loi.
Le Ministère de la Communication n’a donc pas tenu à empêcher l’organisation du festival Q!. Le porte-parole de ce ministère, Gatot Dewa Broto, met tout de même en garde les promoteurs : « Je suis sûr que les organisateurs connaissent les limites et ont conscience des particularités éthiques et culturelles en Indonésie. ».
John Badalu, le directeur du festival, sait qu’il doit être prudent. Cependant, il n’a aucune crainte particulière : « Les Indonésiens sont généralement tolérants envers les gays car ils sont familiers, pour la plupart, des double standards. Certains affichent leur religiosité mais surfent sur des sites pornos à la maison; certains dénoncent le piratage tout en regardant des DVD piratés », précise t-il.
Le festival Q! est le plus important événement gay de toute l’Asie. Et pour éviter un quelconque problème, John Badalu à trouver une technique infaillible. Il a fait parrainé son festival par des centres culturels étrangers : français ou encore allemand. « Comme les financements proviennent d’organisations étrangères et les films sont projetés dans des centres internationaux, conclu t-il, les radicaux n’oseront pas nous attaquer ».
Q! prend fin le 3 octobre prochain.
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